Tampu tocco, Machu Picchu et les mystères des cités incas

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Partie III : Machu Picchu et Tampu-tocco : une seule et même cité ?

Pertinence des écrits de Fernando Montesinos

Cette partie travaille énormément à partir des écrits de Montesinos qui ont souvent mauvaise réputation. Fernando Montesinos était un ecclésiastique et chroniqueur espagnol qui fut mis en relation avec des sages Queshua dont il utilisa les mémoires. On trouve dans les écrits de Montesinos des réponses sur le passé des incas et la dynastie dont ils seraient issus. J’ai considéré ces informations comme comprenant une part de réalité bien plus importante que celle acceptée aujourd’hui par les archéologues. Accepter le récit de Montesinos remet en cause l’hypothèse selon laquelle les incas seraient originaire de la région du Lac Titicaca et de la Bolivie, et celle faisant provenir les incas d’Amazonie.

Or nous disposons maintenant d’éléments nouveaux sur le style architectural propre des incas et leur façon de bâtir des cités. Le plus grand nombre de cité identifiée à ce jour possédant cette architecture se situe dans la vallée sacrée des incas qui s’étend au nord de Cuzco. De plus, des constructions possédant une méthode de planification similaire se retrouvent à Pachacamac et Pisco, bien plus au Nord. Les cités incas construites selon le schéma si propre aux incas semblent donc se situer au Nord.

Autre fait concordant, dans les écrits de Fernando Montesinos, les Amautas se battent contre les ennemis venant sur Sud et de l’Est et se réfugient à Tampu Tocco, délaissant Cuzco. Et lors de la conquête espagnole, les incas se retranchent dans le Nord, dans la vallée sacrée des incas, puis à Vitcos et Vilcabamba. Il est cohérent que dans les deux cas de retraite d’un même peuple, celui-ci se fasse en direction de son origine, qui serait donc le nord. L’histoire de l’humanité montre bien que quand un peuple connait une expansion par la guerre et qu’il rencontre soudain une perte de territoire, il se retranche vers son origine. Napoléon face aux Russes n’est pas parti vers la Turquie, les romains ne sont pas partis vers une autre destination que l’Italie. Ceci pour une raison simple, en temps difficile, les dirigeants ne pourraient trouver la sécurité au milieu d’un peuple conquis par lui, mais il chercherait à rester dans un territoire où les habitants lui sont fidèles. Ce qui peut expliquer la facilité rencontré par les conquistadors venant par le Sud. Cette partie étant récemment conquise par les incas, il s’agissait d’un peuple déjà prisonnier. Un envahisseur plutôt qu’un autre ne devait pas poser un problème immense et ils ne combattirent pas au départ pour protéger le territoire incas. Par contre les massacres et la volonté d’assouvir les incas à la religion catholique a surement été un facteur motivant pour se rebeller ensuite. Si la dynastie précédant les incas provenait de la région de Puno, il est fort probable qu’ils eussent choisis de partir dans cette direction pour y trouver des hommes afin de reprendre le combat. Le fait également d’appeler la ville de Cuzco ainsi (« nombril ») peut être une volonté de faire comprendre que l’empereur qui gouverne Cuzco est légitime dans les provinces qui s’étendent tout autour, dans les quatre directions cardinales. Une idée intelligente pour assouvir facilement les peuples situés au sud de la ville. La région située autour de Cuzco pourrait donc être une frontière historique entre plusieurs peuples importants, les Waris au Nord et les Tiwanakus au Sud. Par contre le pouvoir situé à Cuzco pourrait avoir changé de main entre ces différents peuples, à différentes époques, comme le suggèrent les écrits de Montesinos. Ceci peut expliquer que l’art originaire du sud et de Tihuanakus soit présent à Cuzco à une époque antérieure au premier inca.

Montesinos et les références catholiques

Les écrits de Montesinos sont souvent mis en doute car ils relient les incas à un supposé petit fils de Noé. Cependant, c’est une réflexion naturelle de la part d’un croyant catholique dès qu’il interprète la légende inca qui parle d’un déluge et de ses survivants. Un croyant catholique va avoir foi en sa religion et donc va considérer qu’il y a eu un déluge, et que le seul survivant fut Noé et sa famille. En rencontrant un peuple qui possède une légende aussi proche de celle ce Noé, bien qu’il pense que le dieu de ce peuple n’est pas le « vrai » dieu, il va expliquer la légende ou l’évènement historique en utilisant un fait qu’il juge véridique : l’existence à une époque d’un déluge sur la terre. Et pour qu’historiquement il puisse placer ce déluge bien avant la naissance du Christ et celle du premier roi de la dynastie supposée précéder les incas, il l’associe à un lointain petit fils de Noé.


La disparition de l’écriture chez les incas

En nous appuyant sur les écrits de Montesinos, si les incas descendent des Amautas, cela expliquerait que le mot Amautas ait été le nom des sages incas à l’époque Inca. Cela concorde parfaitement avec ses écrits stipulant qu’un des empereur Amautas, Pachacuti VII, à l’époque où il régnait à Tampu Tocco, créa une université appelée « Maison de l’Idolâtrie ». Accepter la pertinence des écrits de Montesinos amène donc à croire que les ancêtres des incas connaissaient l’écriture et que, sur une décision de Pachacuti VII, l’utilisation de l’écriture fut interdit et remplacée par les Quipus. L’absence de volonté de rapprocher cela à la religion catholique laisse supposer que Montesinos ne fait qu’écrire ce que les indiens de l’époque lui ont répété. Associer la disparition de l’écriture à une décision d’un empereur interdisant son usage au risque d’être exécuté et ayant lui-même crée une université pour apprendre à lire les Quipus semble être un fait extrêmement rationnel et ne présentant aucun signe lié à une croyance religieuse ou une légende. Il s’agit donc d’information pouvant être prises très au sérieux. En outre le mot écriture existe dans le vocabulaire Queshua, laissant supposé son existence passée.

L’origine des dynasties précédant les incas selon Montesinos
En outre, les noms attribués aux empereur Amautas cités par Montesinos sont en accord avec ceux de la dynastie inca. Parmi la liste de nom, certains chercheurs ont distingué trois dynasties, Les dynasties Piruas, Amautas et de Tampu-tocco. Si les ancêtres des incas proviennent effectivement du Nord, on peut se demander si Pirua n’a pas de rapport avec la ville de Piura à la limite entre l’équateur et le Pérou.

Je pense que le travail Montesinos fut de récolté le maximum d’information, sans pour autant les vérifier. Il fit des assertions loufoques en rattachant les croyances catholiques qu’il pense d’une vérité absolue avec certaines légendes. En effet si Dieu à crée l’homme, les incas sont également des créatures de Dieu et leur histoire coupe forcément, à un moment, les écritures sacrées.

 
Le faucon, forme symbolique ?

L’association du faucon avec la forme de Machu Picchu est à ce jour la plus probable. La forme de la cité peut avoir dès lors, un sens ou non. Si elle est symbolique, il peut y avoir plusieurs hypothèses possibles :
- Un empereur Inca décida de construire une ville en s’inspirant du faucon ou en l’honneur de cet oiseau, sacré dans la culture incas.
- Le faucon est une représentation d’Inti, le faucon de Manco Capac et la citadelle serait donc Tampu Tocco.
- Le faucon représente un oiseau sacré mais du temps du règne amautas et la citadelle serait donc une citadelle Amautas, probablement Tampu Tocco.

Machu Picchu est une ville extraordinaire dont l’importance ne fait aucun doute, tant par son emplacement que par la qualité des constructions que l’on y trouve. Il est fort probable que le nom réel de la cité fut connu à l’époque de l’invasion. Or, la seule cité importante, dont le nom était connue mais jamais véritablement identifiée, est Tampu Tocco.  Les dires de l’époque selon lesquels Tampu Tocco serait Paccari Tampu pourrait être un leurre afin d’empêcher les espagnols de mettre la main sur la cité et ce qu’elle aurait pu cacher. D’autre part, la connaissance de l’existence et l’emplacement de Tampu-tocco semble avoir été réservé à une petite partie de la population, ce qui aurait facilité le mensonge.

En outre, les ennemis des Amautas venaient, d’après Montesinos, de l’est et du Sud. Or Paccari Tampu se trouve au sud est de Cuzco ce qui signifierait que Tampu Tocco se trouvait entre les royaumes des ennemis et Cuzco, la ville dont ils perdirent le contrôle et où ils voulurent revenir 500 ans plus tard. Vu la position de Paccari Tampu et son accès facile, il est certain que cela est impossible. Tampu-tocco doit se trouver dans la région Nord ou Nord-Ouest de Cuzco.

De nombreux archéologues et historiens ont, par le passé, supposé que Machu Picchu puisse être Tampu tocco, Hiram Bingham le premier. En plus de l’importance de la cité, l’autre point qui corrobore leur hypothèse est la présence du temple à trois fenêtres qui rejoint l’histoire selon laquelle Manco Cappac ordonna la construction d’une bâtisse disposant de 3 fenêtres à Tampu Tocco.


Le dessin de la cité concorderait parfaitement avec Tampu tocco. En effet, le faucon Inti a donné, d’après la légende, son aura à Manco Capac (Fig 1), qui, semble t-il, a quitté la ville de Tampu Tocco au moment où la cité avait atteint ses limites. Peut être que les limites proviennent justement du fait que les amautas ne voulaient pas agrandir la forme de la cité pour ne pas en détériorer son dessin. C’est peut être le fait d’atteindre la fin de sa construction qui poussa Manco Cappac à partir vers Cuzco. Il est également surprenant que le « Chemin de l’inca » soit le chemin qui part de cette cité pour se rendre vers Cuzco, et que, dans le dessin, le regard du faucon soit orienté vers ce chemin.

Si effectivement, Machu Picchu est Tampu Tocco, quelles informations supplémentaires peut-on trouver dans les textes pour mieux comprendre Machu Picchu.  

Partie IV : Tampu tocco, ce que l’on peut penser y trouver.

Tampu-Tocco était la capitale des amautas, ancêtres des incas. Cette civilisation prospère connu un déclin en l’an 800 environ suite à une défaite et la mort de leur empereur Pachacuti VI(7). Ils se réfugièrent ensuite pendant près de 500 ans dans leur citadelle de Tampu tocco. Au XIIème ou XIIIème siècle, ils retournèrent à Cuzco et fondèrent l’empire Inca.

(7) Explorations in the Highlands of  Peru, Hiram Bingham, 1923

L’université de l’idolâtrie 

Tampu Tocco était une capitale amautas, surement une forteresse avant la mort de Pachacuti VI. Puis les fidèles du roi défunt construire une cité près de Tampu Tocco qui intégra, sous le règne de Pachacuti VII une Université de l’Idolâtrie. Le mot amautas était également utilisé pour désigner le nom des sages ou philosophes incas à l’époque de la conquête espagnole. Ils seraient donc partis vivre et enseigner à Cuzco, délaissant l’ancienne cité amautas, expliquant en partie l’abandon de Machu Picchu. Selon les écrits de Christoval de Molina, les Incas craignaient de revenir à Tampu Tocco pour ne pas avoir à y demeurer éternellement comme Ayar Cachi, un des frères de la légende Ayar enfermé dans une grotte.

La statue d’Ayar Uchu 

De la légende des Ayar(8), on pourrait également trouver une comparaison troublante entre le sort d’Ayar Uchu, transformé en pierre après être revenu sur terre avec ses ailes, et le temple du condor à Machu Picchu(9). Betanzos dit qu’Ayar Uchu demeurerait sur la colline telle une idole qui devait être vénérée par le reste du groupe. La sculpture représenterait-elle Ayar Uchu avec ses ailes et non un condor ? Ou bien s’agit-il de la pierre funéraire près de la Maison du gardien ou encore l’immense roche près de l’entrée de la cité visible sur la figure 2 ? Les légendes restent vagues et possèdent parfois plusieurs versions.

(8) Légende disponible à l’adresse ttp://www.americas-fr.com/civilisations/legendes/ayar.html
(9) Handbook of Inca Mythology, Paul Richard Steele, 2004, ABC CLIOP 177/178


Le temple du soleil ayant servit de modèle à celui de Cuzco 

Si Machu Picchu est Tampu Tocco, le temple du Soleil qui s’y trouve est plus ancien que celui de Cuzco et, comme le suggérait Hiram Bingham, ce dernier pourrait en être inspiré. Le temple du Soleil de Cuzco et de Tampu Tocco ont tous les deux un mur circulaire, construction rare dans chez les incas.

La montagne Huanacauri

On peut voir une ressemblance troublante entre Machu Picchu et une célébration inca qui semble avoir été initié sous Pachacutec pour élever les jeunes au rang de guerrier,  ayant lieu au mois de novembre(10).
Les jeunes après avoir été fouettés devant la foule et l’Inca, allaient avec leur famille à la colline Raurana. Ils passaient la nuit en bas de la colline, dans un endroit appelé Huaman-cancha (place du faucon). Au levé du soleil ils montaient au sommet de la colline, où l’Inca récompensait ceux devenus guerriers.  La huaca de Raurana consiste en deux faucons (ou un aigle et un faucon) de pierre placés sur un autel au sommet de la colline. Encore une fois on retrouve le faucon mais aussi une colline avec, en aval, un lieu pour dormir portant également un nom associé au faucon, et au sommet un lieu important. On peut faire le rapprochement avec Machu Picchu et la terrasse en forme d’œil. La cérémonie instaurée par Pachacutec serait inspiré d’une cérémonie qui pourrait avoir eu lieu à l’origine à Tampu Tocco/Machu Picchu. Les bâtiments situés au sud des terrasses agricoles, près de l’entrée actuelle du site, pourraient être des dortoirs. Cette cérémonie semble être celle se déroulant sur la colline Huanacauri décrite dans d’autres textes. On y retrouve la présence des garçons incas qui dorment dans ce lieu en mémoire du chemin pris par Manco Capac pour arriver à Cuzco et les deux idoles à forme d’aigle et de faucon. Or, Huanacauri est selon certaines légendes le nom du père des Ayar et donc de Manco Capac, mais aussi le nom d’une montagne situé à Tampu tocco avec à son sommet des bâtiments qui permirent d’être sauvé de la grande inondation. Est-ce que Huanacauri est le nom d’origine du Huayna Picchu, du Machu Picchu et donc la résidence du père de Manco Capac ? Ou bien Machu Picchu est elle ce lieu appelé Huanacauri où le frère Ayar Uchu fut transformé en pierre et devint le lieu où les jeunes incas devenait des hommes ? Alors Tampu Tocco se trouverait plus loin au Nord.

(10) Fábulas y Ritos de los Incas, Cristóbal de Molina, 1570-1584

L’édifice à 3 fenêtres de Manco Capac 

Si Machu Picchu est bien Tampu tocco, alors nous pouvons déduire que l’édifice à trois fenêtres  de Manco Cappac se situe dans la cité. Cependant la construction à trois fenêtres  que fit construire Manco Cappac n’est peut être pas le temple à trois fenêtres, mais plutôt la Maison du Gardien(fig. 3). Cette dernière comporte également trois fenêtres et domine la vallée et la cité en haut d’une colline (Montesinos parlait de la colline aux fenêtres en parlant de Tampu Tocco), ce qui expliquerait la présence de la Maison du Gardien. Il est également probable que les édifices comme les greniers (ou dortoirs) et la maison du Gardien aient été construits en dehors de la cité amautas pour que les personnes ne descendant pas des amautas n’aient pas à entrer dans l’enceinte de l’ancienne citadelle. Si la maison du Gardien est bien l’édifice attribué à Manco Capac, alors je pense que l’édifice à trois fenêtres, situé au sommet du Huayna Picchu, visible sur la figure 4, est la maison qui a servi de référence à la construction de la maison du Gardien. Cet édifice pourrait-il alors être l’auberge aux fenêtres ?

La cité et les roches

La légende Ayar comporte de nombreuses références à des roches (personnages transformés en roche, personnages nés de la roche…) Hors Machu Picchu dispose de nombreuses roches « sacrée ». On en dénombre facilement huit : l’Intihuatana, la sculpture du temple du condor, la roche funéraire près de la Maison du Gardien, la roche sous le temple du soleil, la roche sacrée situé à l’extrémité de la place principale, le temple de la Lune, la roche dans le temple à trois fenêtres, le rocher aux serpents, la roche de la figure 2, aujourd’hui presque ignorée dans les descriptions et les cartes du Machu Picchu, mais qui semble importante, par sa position indiquée par la direction du regard de l’oiseau. La légende des frères Ayar, la technique des incas et la présence importante de culte autour de pierres au Machu Picchu pourraient être liées.

La citadelle amautas d’origine

Si le plan actuel de Machu Picchu est un agrandissement de la citadelle amautas d’origine, cette dernière semble se composer du groupe des trois portes et des bâtiments adjacents (fig. 5), entourés par un haut mur de fortification (fig. 6) et présentant de nombreuses zones de guet où pouvait se poster un soldat.
Cette zone de la cité présente de nombreux éléments indiquant un caractère différent du reste de la cité. L’ensemble est entouré d’un mur de hauteur important, continu, ne possédant que peu d’ouverture, aucune fenêtre à hauteur d’homme et chaque ouverture semble disposer d’un poste de garde (fig. 7). En outre le groupe présente plusieurs niveaux d’élévation centrés sur le groupe des trois portes.  A l’origine, selon cette hypothèse, le groupe des trois portes devait être le palais amautas. C’est dans cette zone qu’Hiram Bingham a découvert le plus grand nombre de poteries. Il en a conclu que la zone devait avoir été habitée sur de longues périodes. Lorsqu’il identifie Tampu-Tocco à Machu Picchu, il émet également l’hypothèse que les quartiers les plus anciens représentent la cité d’origine. L’erreur d’Hiram Bingham est de s’être arrêté à ce point et de ne pas en avoir déduit que, l’ensemble de bâtiments situés dans cette zone devait couvrir l’ensemble des fonctions nécessaires à la vie d’une cité. On doit y trouver le logement des chefs amautas, ceux des nobles, des quartiers religieux, des endroits de stockage… Cela peut nous éclairer sur ce qui devait composer, à l’époque amautas, le schéma d’une ville importante. L’étude de cette zone, séparée des autres constructions au Machu Picchu, peut apporter des indications sur la fonction des bâtiments qui la composent.

Macchu Picchu, un caïman et un serpent.

Toute cette recherche fut initiée par la découverte de la forme d’un oiseau pour le Machu Picchu. Cependant, la théorie qui veut qu’elle soit l’ancienne Tampu tocco et que la partie inférieure de la cité corresponde à la citadelle amautas d’origine impliquerait, si donner une forme à la cité était important, que cette partie corresponde elle aussi à un animal. Or les théories et observations antérieures ont identifié la forme de cette partie précise de la cité à un caïman. Mais le dessin mis en évidence est vu depuis la maison du gardien, contredisant mon hypothèse que les bâtisseurs aurait, logiquement, utilisé le sommet du Huayna Picchu pour en dessiner la forme. J’ai voulu donc voir ce que, d’après ma méthode, on pourrait voir depuis le Huana Picchu. De façon moins évidente que la forme de l’oiseau, j’ai tout de même pu distinguer un caïman(fig 8), la queue tournée et longeant le corps, la tête étant encore la zone la plus élevé de la forme . Un élément semble confirmer toutefois la forme : une grosse roche située sur la terrasse supérieure semble indiquée la position de l’œil. Cette zone mériterait d’être dégagée car encore une fois, l’œil ne semble pas avoir d’importance aujourd’hui et il semble y avoir, de façon étonnante, des orifices taillés dans la roche ayant la forme d’yeux.

Si Machu Picchu était composé de plusieurs secteurs ou cité à l’origine, tout comme Pisac, alors il est probable qu’un autre secteur fut celui situé en amont et comprenant l’Intihuatana. En appliquant la règle d’observation on identifie la tête comme étant la zone en relief sur laquelle se trouve l’intihuatana, et on remarque également une terrasse ayant une forme unique et pouvant s’apparenté à l’œil, ainsi qu’une suite de pierres relié par des mini-terrasses en bas de la colline pouvant être identifiée à un croc du serpent. Ainsi ce secteur a la forme d’un serpent(fig 8). Fait étrange, un rocher dans cette zone est appelé par Hiram Bingham le Rocher aux serpents à cause de forme de serpent sculpté sur le rocher. Il s’agit peut être d’un rappel de la forme du secteur. En outre, la fin du serpent semble se situer dans la partie terrasse, expliquant les lignes de séparation graphique entre les terrasses agricoles dans cette zone.

Montesinos dit des Amautas qu’après la mort de Pachacuti VI, ils revinrent à Tampu Tocco pour y enterrer leur empereur mais aussi pour y construire une nouvelle ville. Il se pourrait donc que le secteur en forme de Caïman soit le premier fini, précédent la mort de Pachacuti VI, celui en forme de serpent le second, construit par les survivants Amautas qui construire la ville autour de la tombe de Pachacuti VI, situé sous le temple du Soleil et qu’ensuite, sous l’impulsion de Manco Capac ou peu avant son règne, la forme générale d’un oiseau ait été définie, ajoutant principalement des terrasses aux formes existantes pour aboutir à l’oiseau.

La forme des ruines sur le Huayna Picchu mériterait également d’être analysée mais malheureusement je ne dispose pas de document visuel suffisant.

L’œil d’inti & La tête du caiman

En observant Machu Picchu, son plan de construction, on remarque que les accès se concentrent en un point proche de la Maison du Gardien. En outre, l’escalier principal qui se situe à l’extérieur des murs de la cité et ceux traversant les terrasses semblent permettre aux agriculteurs de se rendre à la terrasse en forme d’œil sans passer par les quartiers plus nobles. L’œil semble donc être un lieu de rencontre pour toutes les classes de la population, à l’inverse des zones situées, à l’intérieur des murs. C’est un lieu dont l’importance semble sous estimée et la fonction complètement ignorée.

Considérer Machu Picchu comme étant Tampu tocco permet d’apporter beaucoup de réponses sur le site, par contre, pour une cité ayant traversée plus de 500 années d’histoire, il est étrange de ne pas avoir retrouvé plus de tombes et de corps. L’association Tampu tocco / Macchu Picchu nous à permis de poser de nombreuses hypothèses sur l’historique et le choix de construction de Machu Picchu. Les vérifier est en grande partie possible. Il s’agit de vérifier si la cité à bien été construite dans cet ordre : Partie Caïman, Partie Serpent, Partie Oiseau. Je pense que les ruines situées au sommet du Huayna Picchu datent de l’époque du Caïman ou d’une date antérieure. Il faudrait ensuite découvrir, dans les motifs des murs ou des pierres sculptées, des formes d’oiseaux, de serpent et de caïman. La fouille de la terrasse en forme d’œil de L’oiseau et celle en forme d’œil du Caïman peuvent peut-être apporter des éléments intéressants. La partie Caïman pourrait présenter plusieurs couches de construction, en particulier la partie supérieure. En outre, il apparait que la partie tête est important et que la tête du Caïman est une zone dont la fonction est complètement ignorée. Cependant les incas ont construit cette terrasse supérieure qui surplombe la zone de bâtiment et on peut distinguer des escaliers qui en permettent l’accès.  Autre observation intéressante, une pierre du mur de cette zone qui donne derrière un bâtiment possède une imperfection. Comme si la pierre avait été déplacée ou ajoutée ultérieurement (fig 9). Il s’agit peut être d’un accès à une zone situé sous la tête du Caïman. Cette zone mérite d’être dégagée et étudiée de façon prioritaire.

Aujourd’hui, les fouilles effectuées par les équipes péruviennes se concentrent à l’intérieure de la cité. A la vue de la forme mise en évidence, il apparait important de limiter l’accès aux touristes de la terrasse en forme d’œil que j’ai nommé « Œil d’inti ». Il est ensuite important de faire des fouilles sur cette terrasse qui pourrait se révéler riche en découvertes. Il faudrait également étudier de plus près la structure cubique qui est collé à cette terrasse. La découverte de la forme de la cité ouvre de nouveaux axes de recherche qui pourraient amener à la confirmation de l’identification de Tampu Tocco. Mais si Machu Picchu n’est pas Tampu Tocco, alors la cité doit se chercher au Nord de Cuzco. Vilcabamba semble avoir été un lieu reculé et important de la civilisation dont est issue les incas. La cité fut choisie comme capitale de ce qui devait être la zone où étaient regroupés le plus d’indiens fidèles. De nombreuses ruines restent encore à trouver dans cette région aujourd’hui extrêmement inaccessible.

<< Partie II : Découverte d'une forme architecturale.




















































































Fig. 1
Portrait de Manco Cappac, avec une représentation d'Inti.



fig. 2
Grande roche à l'entrée du Machu Pïcchu




fig. 3
Vue sur la maison du gardien

fig. 4
Vue sur le Huayna Picchu et la maison jumelle de la Maison du Gardien.

fig. 5
Forteresse Amautas d'origine : Le Caïman

fig. 6
Mur d'enceinte et fortification

fig. 7
Poste de guarde à l'entrée de la forteresse



fig. 8
Forme serpent et Caïman

fig. 9
Observations autour de la zone "Tête du Caïman"


 
     
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